Pays Basque

Basque et espagnol

Nous visitons San Sebastian au départ d’Hendaye. En face de la gare SNCF d’Hendaye se trouve la gare du RER qui circule en direction de San Sebastian. L’idée nous paraît intéressante pour éviter tous les problèmes de circulation. Surtout que le trajet dure à peine 35 minutes et le billet coûte 5 euros. Nous visitons donc San Sebastian en toute décontraction. La première prise de contact est plus qu’encourageante. La gare se trouve au sud de la ville récente construite sur un plan orthogonal. Ce qui frappe d’emblée ce sont les immeubles, tous ou presque de la même époque. Art moderne et bow windows sont les caractéristiques principales de toutes les façades. Et il y a très peu de constructions « parasites » qui viendraient gêner l’uniformité des rues. Au nord, la vieille ville offre un visage plus tortueux. Les rues deviennent des ruelles, les droites se muent en courbes, la foule y est plus dense, l’ambiance plus bruyante, un autre monde. A l’extrémité de la vieille ville s’élève une colline qu’il convient de gravir pour admirer une vue imprenable sur la « concha », la baie de San Sebastian et son île. Puis il faut redescendre pour faire le tour de ladite baie le long de l’interminable plage. On peut y admirer des sculptures modernes, d’un côté les peignes du vent (peine del viento), de l’autre la Construcción Vacía. Et inutile de tenter de quitter San Sebastian sans avoir goûté aux pintxos, impossible d’y échapper.

 


Pour notre première étape espagnole en pays basque, nous suivons la route du flysch, du nom du dépôt sédimentaire de grès et de marne qui compose les falaises de cette côte très découpée. La route est très sinueuse, on y circule lentement et c’est tant mieux car le paysage mérite aussi une certaine attention. Le trajet est émaillés de nombreuses petites places de parc, toutes synonymes de points de vue sur la mer, les falaises et les formations rocheuses. Le trajet nous amène à la biosphère d’Urdaibai. Ici changement complet de décor. On arrive dans une vaste baie, qui n’est pas sans rappeler celle de la Somme, qui occupe tout le nord de Guernica. Elle est entièrement recouverte par l’eau à marée haute alors qu’à marée basse elle laisse apparaître des bancs de sable et des prés salés. Un paysage en perpétuel changement que l’on ne s’attend pas à découvrir à cet endroit.

 

Hébergement

 

 

Nous passons la nuit au Camping Arketa au bord de la baie. C’est un des seuls camping du coin, il est plutôt cher (30 euros la nuit) mais la plage est à une centaine de mètres.

 

 


Notre périple se poursuit en direction de la presqu’île et de l’ermitage de San Juan de Gaztelugatxe. L’endroit est spectaculaire et il se mérite. Environ deux kilomètres de marche sont à parcourir pour y parvenir. D’abord en descente puis en montée le long d’un chemin pavé émaillé de 241 marches. Puis évidemment la même chose au retour. Mais l’effort en vaut la chandelle. C’est tout simplement époustouflant, un des coup de coeur de ces vacances. Et les amateurs de Game of Thrones reconnaîtront le lieu de tournage de certaines scènes de l’île de Peyrdragon.

 

Hébergement

 

 

Camping El Roble Verde, un peu perdu dans la campagne mais très agréable pour la saison. Peu d’ombre. Le camping est équipé d’une piscine couverte dans laquelle nous nous délectons après une journée de voyage. Rabais ACSII.

 


Vitoria-Gasteiz est la capitale du pays basque espagnol. A l’origine, ce n’était pas une de nos destinations. Bilbao figurait plutôt dans nos plans. Mais nous avons renoncé faute de temps, d’envie et aussi un peu à cause d’un début de grippe et de fièvre qui nous a aussi fait renoncer à nous rendre au saut du Nervion. Nous nous rattrapons donc avec Vitoria et nous sommes agréablement surpris. Par chance nous tombons au début d’un week-end de fête médiévale. Toute la vieille ville est décorée et ornée de stands, malheureusement pas tous ouverts. Mais qu’importe. L’ambiance est au rendez-vous, le charme opère. La ville est calme, agréable. Nous cantonnons notre visite à la partie médiévale, sans renoncer aux inévitables pintxos, qui seront les derniers de notre séjour.


Faute de grive, comme dirait La Fontaine, nous nous rabattons sur autre chose. Avec bonheur il est vrai. La visite de Bilbao était surtout motivée par le musée Guggenheim et son architecture particulière signée Gehry. Comme nous ne l’avons pas vu, nous poussons un peu au sud jusqu’à Elciego. Ledit Gehry y a sévi, pour un hôtel cette fois, sis dans un village à l’aspect plutôt médiéval. Le contraste est saisissant et vaut le coup d’oeil.

Sur le chemin encore, une petite halte à Laguardia, autre village médiéval qui mérite une visite. En plein vignoble du Rioja, il n’est pas sans rappeler un peu certains villages viticoles toscans comme Montalcino ou Montepulciano.

 

Hébergement

 

 

Camping Bardenas à Villafranca. Un peu bruyant, la route borde le camping. Mais très bien placé pour notre excursion du lendemain. Rabais ACSII.

 


Les Bardenas Reales, un désert là où on ne l’attend pas. Et un vrai désert, sur une étendue qui semble sans fin. Ici règnent le vent, la poussière et on s’attend à tout moment à voir surgir des Indiens à cheval, voire John Wayne ou Clint Eastwood. Bref, le dépaysement est total. Nul besoins de traverser la planète pour changer de continent. Plusieurs circuits sont proposés au visiteurs, sur des routes en terre battue. La visite ne se fait donc pas en quelques minutes. La route que nous empruntons fait plus de 30 kilomètres de long, à une vitesse moyenne qui ne dépasse guère les 10 à 15 kilomètres/heure. De toute manière on ne peut que savourer. Les visiteurs sont rares. Le plus souvent c’est véritablement désertique, dans tous les sens du terme. Seule ombre au tableau, le centre du périmètre de visite est occupé par une zone militaire. Fort heureusement, seuls quelques panneaux « défense d’entrer » ici et là le signale et pas une barrière de fil de fer. Autant la côte basque regorge de paysages superbe, autant ici on se retrouve dans un autre monde. Un lieu à visiter absolument.


Olite paraît un peu fade après les impressions emmagasinées tout au long de la visite des Bardenas. Mais la petite cité mérite que l’on s’y attarde un peu. Lentement le charme opère. Pour un peu on se croirait dans un endroit restauré par Viollet-le-Duc, l’architecte français à qui l’on doit les restaurations, contestées par certains, de nombreux monuments français comme le château de PIerrefonds, la basilique de Vézelay, la cathédrale Notre-Dame de Paris, la cathédrale de Lausanne et surtout la cité de Carcassonne. Tout ceci pour dire qu’Olite ne manque pas d’atouts, faisant même penser à Avignon par certains aspects.

 

Hébergement

 

 

Nous passons notre dernière nuit espagnole au camping municipal de Sangüesa. Tout ce qu’il y a de plus calme.